Le pouvoir de l'Unité Tome 1 : Chapitre 3 (Partie 2)

Publié le par André Herbert

Alors qu’ils continuaient à admirer ces héros, pas très loin d’eux, Scylfhiûs se promenait dans les immenses jardins du Palais Royal. Maylyn, qui l’accompagnait, s’ennuyait et lui fit comprendre en effectuant de nombreux gestes de dépit. Elle espérait vraiment revoir ses semblables. Le scylfh tenta de calmer ses ardeurs :

—Je sais, May, peut-être chez les membres du clan Marel du sud de l’Andamara, mais soit patiente…. Oui, May, mais n’oublie pas que nous sommes toujours liés, même si j’ai abandonné depuis bien longtemps l’usage de nos pouvoirs.

Maylyn continuait à discuter avec son protecteur par la pensée tout en s’agitant dans tous les sens.

—Je n’en ai aucune idée. Certes, nous avons retrouvé notre taille normale, mais je n’ai pas l’intention de pratiquer à nouveau l’art Laïshi. Souviens-toi donc de ce que j’ai provoqué en utilisant mes capacités… Moi ? Le gardien de la pierre ? Imbibée de Shikentaï ? Qu’est-ce que tu racontes ? Oui, j’ai ressenti cela aussi, mais je ne sais pas encore… Je ne peux pas décider comme ça… Quoi ? Tu veux la voir ?

Scylfhiûs la sortit et la montra à Maylyn qui tournait autour du joyau. La poussière qui émanait de ses ailes se fit de plus en plus importante. Soudain, la sphère s’éclaira et brûla la main du scylfh bleu. Il la lâcha et celle-ci roula par terre jusqu’aux pieds du roi en personne. L’azuréen sentait que son esprit s’était ouvert au monde par une explosion. Il avait retrouvé des sensations perdues. Sa main le lançait atrocement. La fée se mit à battre des ailes. La poussière enveloppa la blessure. L’elfe azuréen se concentra. Une lueur dorée soigna son inflammation comme par enchantement. Le roi, témoin de la scène, sourit, ramassant le joyau.

—Non, je ne peux pas ! s’exclama Scylfhiûs en détournant les yeux de la pierre. Je me suis juré de ne plus jamais pratiquer l’art Laïshi. J’ai provoqué trop de malheurs dans le passé, à cause de mon égoïsme.

—Ce qui est derrière vous le restera à jamais. Rien ne pourra le changer. À présent, faites face à l’avenir ! dit Shinbaï. Vous pouvez vous adonner à un autre art N’Taï, avec ce don du ciel, si vous tenez vraiment à cette promesse. L’art des bûntens me semble le plus approprié pour vous.

—Mais qui va me l’enseigner ? Et puis, ne suis-je pas trop âgé pour me lancer dans l’apprentissage d’un art N’Taï ?

— Je connais un Ascendant qui y a jadis été initié. Lui seul pourra vous aider, mais le reste, il vous faudra l'assimiler par vous-même. Et puis, vous connaissez déjà le Shikentaï, même si vous avez presque tout oublié. Mais on dirait que la pierre bleue a fait recouvrer votre mémoire…

Scylfhiûs ne semblait pas très enchanté, ce qui n’était pas le cas de Maylyn. Elle paraissait avoir retrouvé la forme, elle d’ordinaire si taciturne et si froide. Ses ailes, d’habitude si pales resplendissait de beauté et dégageaient encore plus de poussière. Elles battaient en émettant un petit bruit très doux. Scylfhiûs voulant changer de sujet demanda :

—Sinon, comment les autres groupes sont-ils revenus avant nous ?

—Certains sont venus par le spéculeur galactique, comme vous, expliqua Shinbaï. D’autres grâce à un vaisseau, soit avec leur taille normale, soit réduits à sept centimètres. Malheureusement, il nous manque toujours des scylfhs qui, j’en suis sûr, se sont reproduits pour se disséminer partout dans l’Univers. Ceux-là ne rentreront peut-être jamais en raison de l’éloignement de notre monde par rapport au reste de la galaxie. Ils pourraient utiliser le spéculeur, mais il n’en subsiste qu’un seul dans AX-82 et il se trouve dans le palais. Les autres ont été détruits par un démon survenu de nulle part, peu après la guerre, stoppant ainsi toutes communications avec le reste d’Alpha 13. Il y a également nos compatriotes désintégrés par Deevn sur Tûkaï et dont faisait partie mon grand-père, Mûshin II.

—Ah d’accord ! Mais dites-moi, vous appartenez toujours à la lignée royale des Mûshinides

—Oui, répondit le roi. Mon père, Mûshin III fut le dernier monarque avant moi, mais il a été assassiné après la Guerre Galactique. Pourquoi me demandez-vous cela ?

—D’après mes souvenirs, Mûshin III qui gouvernait Tûkaï avant la Séparation avait une femme azuréenne. Sans vouloir insulter votre noble personne, vous n’avez pas du tout la physionomie d’un scylfh.

— C’est à cause d’un sortilège que j’ai reçu avec quelques-uns de mes confrères, il y a quelques années. C’est… Ce fameux démon… Voilà d’où me vient cette apparence animale.

Le timbre de voix oscillant du roi interpella Scylfhiûs qui semblait avoir abordé un sujet sensible, indépendamment de sa volonté.

— Ah ? s’étonna Scylfhiûs en allant prendre un verre de mokûh, un alcool scylfh très fort. En voulez-vous majesté ?

— Non merci dit le souverain. Mais soyez prudent, Scylfhiûs. Cette liqueur vous arrache la tronche ! Elle est faite à base de…

Mais l’azuréen avala d’un trait le contenu et le monarque se demanda s’il n’avait pas utilisé un tour de passe-passe avec ses nouveaux pouvoirs. Mais il conclut que le scylfh était un habitué des boissons alcoolisées.

— Shinbaï appela une voix.

Une nubienne vint à leur rencontre, marchant d’un pas élégant. Richement parée de bijoux multicolores, elle portait une magnifique robe en satin qui cachait un ventre très arrondi. Ses longs cheveux bruns aux mèches blondes ondulaient sous l’effet du vent nocturne, tels des filaments dorés. Un diadème argenté en forme de tresses entremêlées et ornées d’un joyau émeraude couvrait son front. Son visage parfaitement ovale, son nez bien dessiné, ses yeux en amande couleur de jade, sa bouche légèrement charnue : cette femme d’une grande beauté, simple et naturelle s’avançait d’une démarche assurée et fière. Elle sourit légèrement à la vue du monarque scylfh, faisant creuser de légères fossettes sur ses joues.

— Te voilà, ma douce. Scylfhiûs, je vous présente mon épouse, Kaliera.

— Enchanté, madame, fit le chef du groupe numéro 6 en lui baisant la main. Je me permets de vous féliciter, car force est de constater que vous attendez un heureux évènement.

— Merci beaucoup, cher Scylfhiûs. Je suis également ravie de vous connaitre et d’autant plus comblée que vous ayez réussi à rejoindre Tûkaï. L’Unité Scylfhe se reforme progressivement.

— Oui et elle se reconstituera dans son intégralité, souhaita Scylfhiûs. Avec le temps et malgré la séparation, je suis sûr que son pouvoir s’accroit.

— J’espère que vous vous habituerez rapidement à notre technologie avancée, ajouta Kaliera.

— Ne vous inquiétez pas pour cela. Vous savez bien que les scylfhs s’accoutument à tout très vite.

— N’aurais-tu point croisé notre fille ? demanda Shinbaï à sa compagne. Je ne l’ai pas aperçue depuis le début de la soirée.

— Non, moi non plus. Je pense qu’elle s’amuse bien…

— Vous avez déjà une fille ? demanda Scylfhiûs.

— Oui, répondit Kaliera. Elle a 190 ans et un caractère bien trempé. Vous devriez faire connaissance avec elle.

Toujours sur la plateforme, près d’autres scylfhs nouvellement arrivés sur Tûkaï profitaient aussi de la fête. C’était le cas de Jeleween et Vâlen. Les deux adolescents, d’habitude si turbulents, n’osaient pas vraiment se mélanger à la foule. Constatant cela, Edwil et Adwil vinrent à leur rencontre. Les deux jumelles du groupe numéro six, azuréennes sveltes au charmant visage ovale et à la chevelure tressée mi-sang mi-ténèbres les rejoignirent d’un pas élégant. Elles portaient la même tenue, à savoir une jupe sombre leur arrivant mi-cuisse et un bustier rouge dentelé de noir.

—Vous jouez aux timides ? demanda Edwil.

—Pas du tout, répliqua Vâlen. On ne fait qu’observer…

—Et puis, ce soi-disant roi des scylfhs qui ressemble à un numal, je m’en méfie, compléta Jeleween. Depuis quand les scylfhs sont-ils des numaux ? N’importe quoi…

—Ben t’as bien vu l’autre là, Nours, avec sa dégaine d’ours ! dit Jeleween. D’ailleurs, pourquoi porte-t-il ce nom stupide ? En est-il fier ?

—Je ne sais pas, mais il n’a pas l’air commode, renchérit Vâlen.

—Vous êtes pathétiques ! fit Edwil en secouant la tête. À se demander si vous n’avez pas laissé vos âmes sur Merveille.

—Non, j’aime toujours autant les dragons, rétorqua Jeleween. Et j'espère bien en trouver ici…

—Il faudrait, pour cela, vous intégrer au reste de la population et cesser de faire les méfiants solitaires, dit Edwil. Venez avec nous !

Vâlen suivit les jumelles, talonné par Jeleween qui marchait d’un pas trainant. Trop de choses s’étaient déroulées en si peu de temps, si bien qu’elle se demandait s’il s’agissait d’un rêve, ou d’un cauchemar. Elle si habitué à être seule, au milieu de la forêt, assise au sommet du plus haut conifère, à observer le ciel à la recherche d’un dragon. Quand l’un d’eux se présentait, quelle n’était sa joie de le voir raser la cime des arbres et battre des ailes puissamment. Le monde où elle se trouvait ne lui disait rien qui vaille. Tout avait l’air si différent et l’idée qu’il ne subsistait nulle créature ailée crachant du feu sur Tûkaï la terrifiait. Les jumelles qui continuaient leur avancée se faisaient sans cesse interpeller par plusieurs mâles à l’affut. Leur beauté ne laissait personne indifférent, même si elles pensaient ne pas atteindre la perfection, comme Siréna. Edwil et Adwil jalousaient souvent la chevelure blonde, le teint parfait et la voix magnifique de la scylfhe. Pourtant, elles n’avaient rien à envier à leur consoeur. Mais il fallait les en convaincre…

—Bonsoir mesdemoiselles ! Vous êtes resplendissantes ! lâcha un grand azuréen aux grosses lunettes carrées portant un costard cravate gris. Faites-vous partie du groupe venant d’arriver sur notre terre mère ?

—Encore un relou, dit Edwil à l’adresse de sa sœur. Bon, excuse-nous, mais on a autre chose à faire.

—Attendez ! insista l’autre. Je me nomme Kewilan, directeur d’une agence de mannequinat et je vous le dis sans détour : vous semblez faites toutes les deux pour travailler avec nous...

—Quelle idée ! dit Aldwin. Nous n’avons jamais travaillé et ce n’est pas aujourd’hui que les choses vont changer…

—Pourtant, dans le monde où nous sommes, chaque personne possède un emploi, ne serait-ce que pour gagner sa vie, dit le jeune homme.

—Comment ça ? s’étonna Jeleween. C’est une obligation ?

—Euh… Oui ! Pour manger, s’habiller, louer un appartement, s’acheter une maison, une télévision ou un ordinateur, il faut de l’argent et l’argent se gagne en travaillant…mais comment viviez-vous dans votre coin paumé ?

—Ben chacun avait une tache bien précise à Mastëllë, expliqua Adwil. Des scylfhs fabriquaient des vêtements, d’autres assuraient la cuisine, l’entretien des rues…on s’échangeait des produits contre d’autres… On s’aidait mutuellement…

—Il va falloir vous mettre à la page, mes gazelles, dit l’autre. Ici, c’est marche ou crève. Faut bosser pour vivre. Personne ne vous aidera, si ce n’est vous-même et moi-même…

Il ricana de jeu de mots stupide. Constatant l’inertie de ses interlocutrices, il poursuivit :

—Tout ça pour vous dire que je suis prêt à vous recevoir d’ici sous peu pour un entretien d’embauche pour défiler avec des tenues bien plus somptueuses que celles que vous portez. Tenez, je vous donne ma carte. N’hésitez pas à m’appeler sur mon THI…

Les jumelles froncèrent les sourcils. L’autre ajouta :

—Mon téléphone holographique… Vous ne savez pas de quoi je parle ? Sinon, vous pouvez venir directement à cette adresse. Notre siège est à Scylfhia-Tirèn, dans l’immeuble que vous voyez là-bas.

Il pointa l’une de ces grandes flèches d’argent qui luisait légèrement sous le feu des projecteurs.

—On y pensera, merci de votre sollicitude, dit Edwil en s’éloignant.

—Je compte sur vous, mesdemoiselles ! Ne perdez pas ma carte…n’hésitez surtout pas, d'accord ?

—Excusez-moi, interpella subitement Jeleween. Vous vivez sur ce monde depuis longtemps, si je ne m’abuse… Savez-vous s’il y a des dragons ?

Kewilan fit un mouvement de tête en arrière en fronçant les sourcils, étonné par cette question. Puis, haussant des épaules, il répondit :

—Oui, deux tribus de dragons : ceux des neiges le long du Luinelle et ceux des Montages du désert du Wilômara. On ne peut pas dire qu’ils s’adorent, au vue des guerres qui se sont déroulés jadis. En ce moment, leurs relations sont appaisées, mais toujours froides…

—Et comment sont-ils ? demanda subitement l’azuréenne. Enfin, je veux dire : vous vous entendez bien avec eux ?

—Ça va, on cohabite, même si on ne les considère pas vraiment comme nos grands potes… Surtout depuis ce traité conclu avec eux bien avant la Séparation où aucun scylfh n’a le droit d’en chevaucher un… Certains vivent en dehors de leur tribu et je crois bien qu’il y en a sur notre continent…

—Et où peut-on les trouver ? interrogea Jeleween d’un ton pressant.

— Ben vas au Luinelle ou au Wilômara. Mais ça va te couter cher pour y aller en Transwald…Bon tu me saoules avec tes questions de dragon. J’ai autre chose à faire. Si je peux te quand même te donner un conseil : ne t’approche pas trop d’eux…

Le VRP s’en alla, tandis que les autres continuaient d’avancer au milieu de la foule. Jeleween semblait être passée du cauchemar total à l’infime espoir d’une vie qui pourrait être moins désagréable qu’elle ne le pensait. À une des extrémités de la plateforme, un DJ mixait sur une grande estrade où dansaient également des femmes. Un MC haranguait le public qui se déhanchait sur des résonnances electro-reggae. Vâlen, intrigué, demanda à un scylfh ce que faisait l’homme devant ces deux disques. Après des explications complètes, Vâlen hocha la tête tout en observant le DJ à l’œuvre. Celui-ci variait ses mouvements, entre le scratch, l’utilisation intensive du crossfader et de multiples effets sonores. La musique jouée par Bishmal et son groupe semblait bien plate face à de telles sonorités, totalement nouvelle pour le scylfh. Tandis que les jumelles dansaient au milieu des gens, Jeleween, qui s’arrachait à ses pensées de rencontre avec des dragons des neiges et des montagnes, secoua Vâlen, bouche bée et statique.

—Tu te sens bien ? demanda-t-elle.

—Oui…Je me remémorerais à ce que nous avait dit le type de tout à l’heure, sur la nécessité de travailler pour vivre. Et bien, je crois bien avoir trouvé mon futur boulot dans ce nouveau monde…

Après la fête qui se prolongea jusque tard dans la nuit, le groupe numéro six s'en alla. Pendant la soirée, un village fut partiellement édifié par des robots appelés dronoteck ; avec des constructions traditionnelles, pareillement à celles d’avant la Séparation. Ces monstres de métal pilotés par des scylfhs pouvaient bâtir à deux une maison entière en quelques heures. La bourgade fut édifiée au sud de Scylfhia-Tirèn, dans la vallée de Saïtana, à quelques encablures de la forêt d’Indras. Sprintle accompagna les scylfhs en volant dans le ciel, escorté par quelques gardes royaux. Pendant la traversée au-dessus de la forêt d’Indras, Sprintle essaya discrètement de retrouver la fille qui n’avait cessé de le fixer durant la réunion, après leur arrivée. Il avait été troublé par ce regard qu’aucune femme ne lui avait jamais posé. Quand il l’a revit dans sa magnifique robe, il fut saisi d’un sentiment bizarre, qui serra son cœur. Comment était-ce possible ? Lui qui s’était donné corps et âme toute sa vie à son art martial. Lui qui avait juré de vouer son existence à protéger son roi et les siens, il ressentait soudainement une étrange sensation. Alors que l’avancée se poursuivait, Siréna, qui ne cessait de prendre soin de sa chevelure d’or en toute occasion, même les plus improbables, fit tomber son peigne. Sprintle saisit l’opportunité et se précipita pour rattraper l’objet. Leurs mains se rencontrèrent maladroitement. La jeune scylfhe fixa Sprintle qui semblait confus et intimidé.

— Merci beaucoup, dit Siréna en souriant.

Après un temps de silence, elle continua :

— Ce peigne appartenait jadis à ma défunte mère. Il est très important à mes yeux, vous savez. Si je l’avais perdu, ç’aurait été comme si je perdais définitivement ma mère.

— Je…. fit le senoubaï en panne d’inspiration. Je…. J’espère que vous le garderez toujours alors...

Il avait sorti cette phrase d’une traite et se sentait maladroit. Mais Siréna souriait de plus belle et continuait son avancée.

Pendant ce temps, Chyn semblait un peu dérouté. Il suivait ces étranges humanoïdes qui parcouraient le ciel en s’élevant sans utiliser l’Energie Divine. Le numal était obligé d’en concentrer une dose suffisante pour pouvoir voler dans les airs. Lothen l’observait depuis un moment et lui demanda pourquoi il avait l’air préoccupé.

— Et bien, je ne sais pas vraiment comment se déroulera l’attribution des maisons, ni où j’habiterais, ni même ce que je ferais dans ce monde. Je me sens un peu perdu… tout cela est arrivé si vite…

— Venez vivre chez nous, proposa Lothen. Mais vous devez me promettre de m’apprendre à combattre comme vous et à devenir un senoubaï.

— Tu sais… Ce n’est pas si facile, dit Chyn. L’apprentissage nécessite avant tout une initiation au contrôle…

— Je suis parfaitement au courant, coupa Lothen. Mais quitte à subir le pire des entrainements et à recevoir tous les tourments, je veux que vous m’enseigniez l’art des senoubaïs.

— Bon… D’accord ! Aussi longtemps que je vivrais, je te promets de faire tout mon possible pour t’amener à être un grand senoubaï.

— Et nous ? protesta Baïwen qui tirait le bras de son ami Hûor. Il va falloir nous prendre tous les trois.

— Je suis désolé, mais je ne forme qu’un élevé à la fois. Demandez donc à Sprintle… S’il accepte, nous pourrions mettre en commun nos entrainements.

— Bonne idée, fit Baïwen en sautillant. Je m’en occuperais demain. J’espère devenir le plus fort de tous les senoubaïs… Yaa !

Il bondit sur Hûor en le plaquant au sol, mais l’autre le repoussa en maugréant :

— Ben alors ? Que t’arrive-t-il ? questionna Baïwen.

— Des charognes n’ont pas cessé de roder autour de Siréna durant la soirée. Et ça ne m’a pas plu du tout. Et puis, fit-il en chuchotant, il y a ce maitre Sprintle qui n’arrête pas de la regarder…

Une brise fraiche balayait régulièrement la nuit et des milliards d’étoiles parsemaient le ciel d’un bleu sombre, alors que les scylfhs parvinrent en vue de ce nouveau Mastëllë, pas très grand, doté d’une place centrale où trônait une petite fontaine crachant une eau turquoise sous l’effet des lampadaires. Les maisons étaient accueillantes, toutes composées d’au moins un étage. Les scylfhs choisirent leurs demeures en fonction des familles et du nombre de personnes et s’y installèrent. Baïwen se précipita sur une des habitations, plutôt vaste, avec son frère et son ami. Scylfhiûs porta son dévolu sur une résidence plus cossue, près de la place du village, dont l’apparence lui rappelait vaguement son ancien chez soi, sur Merveille. Siréna et son cousin optèrent pour un joli petit édifice à un étage. Bishmal Mathéone et les membres de son groupe, à la fois impressionnés par le monde où ils venaient d’arriver, mais tristes d’avoir perdu leurs précieux instruments, s’installèrent dans un petit ensemble de maisons avec à côté, une sorte de grand bâtiment pouvant servir éventuellement de lieu de répétition.

Alors que la nuit était bien avancée, Baïwen qui se trouvait accoudé à la fenêtre de sa chambre scrutait le paysage céleste, profitant du vent frais et agréable qui soufflait doucement. Il vit soudainement une étoile filante. Fermant les yeux, il murmura :

— Messager lumineux, entends mes vœux et cours le porter au Créateur : je souhaite retrouver les âmes de mes parents… Merci.

Sur cette dernière parole, il alla se coucher.

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Evy 31/05/2016 14:00

Bonjour et bienvenue dans la communauté " l'univers magique " beau blog je met un lien sur mon blog pour vous présenter et m'inscrit pour vous suivre au plaisir bonne journée Evy

André Herbert 31/05/2016 22:39

Merci beacoup. J'espère que vous apprecierez. N'hésitez pas à laisser vos commentaires. À bientôt