Le pouvoir de l'Unité Tome 1 : Chapitre 5 (partie 2)

Publié le par André Herbert

    —Ils ont réussi, murmura doucement Moyfan.

  Son visage se détendit alors qu’il continuait à nourrir les irrondeliers qui l’entouraient. Désormais, il ne pouvait plus les sentir. Le Cœur s’était emparé d’eux et personne, pas même les Ascendants ne pouvaient distinguer ce qui se passait.

    —Je vais devoir vous quitter, mes chers amis.

       Après avoir caressé ces grands oiseaux argentés aux quatre ailes, Moyfan s’en retourna chez lui sur l’un de ses chevaux sousaériens. Il arriva enfin et renvoya sa monture. Il se dirigea dans la pièce principale, posa son bâton et s'assit à même le sol. Il médita ainsi de longues minutes puis ouvrit d’un coup les paupières :

     —Vous voilà ! prononça avec gravité Moyfan.

    Une ombre se détacha de l’entrée : Scylfhiûs et Maylyn, recouverts de poudreuse blanche et éreintés par cette descente infernale. Moyfan les invita à prendre place en face de lui. Le regard de Scylfhiûs reflétait un énorme dépit :

    —Avant de te laisser la parole, je tiens à te dire ceci : ce que tu as vu dans le Cœur, tu ne dois l'évoquer à personne, pas même à moi. Ai-je été clair ?

    —Même si ce que j’ai vu nous concerne tous ? Même si ce que j’ai vu est….

   —Non ! Garde cela pour toi. Maylyn également, j’espère que tu as compris ce que je viens de dire.

    —Sommes-nous un peuple maudit ? murmura Scylfhiûs perdu dans ses pensées. Le destin qui s’ouvre à nous est-il irrémédiable ?

    —Crois-tu que le malheur est une plaie inguérissable ? interrogea Moyfan. Qu’il se greffe et ne part jamais ?

     —J’en ai l’impression, avoua Scylfhiûs.

    —Tu te trompes ! Le destin n’est écrit pour personne, dit Moyfan. Ce que tu as vu reflète peut-être un avenir sombre pour notre peuple, mais il n’est pas irréversible. Nous restons le propre capitaine de notre navire et même si les vents nous mènent inlassablement vers de funestes contrées, nous restons seuls maîtres à bord.

    Scylfhiûs repensa alors à sa descente. L’Ascendant avait raison. Quand bien même le chemin qu’il avait emprunté le menait irrémédiablement vers le Cœur, c’est lui, aidé de l’Energie Divine et de sa fée qui avait dirigé le tanshi.

     —Comment te sens-tu ? demanda Moyfan.

   —Je me sens terriblement impuissant…mais libéré comme jamais ! dit Scylfhiûs. Cette bouffée d’énergie que je me suis prise dans la figure... Et cet avenir si terrible que j’ai perçu…  

     —Alors je n’ai rien d’autre à t’enseigner, conclut Moyfan. Je tiens cependant à ajouter ceci : le fait d’avoir été imprégnée du Cœur de notre planète t’a changé et va te permettre de changer l’avenir…

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